![]() | L'École des Maris Le texte de la Scène 7 Acte 3 de la pièce de Molière : L’école des maris
VALÈRE, à la fenêtre. Non, Messieurs; et personne ici n'aura l'entrée Que cette volonté ne m'ait été montrée. Vous savez qui je suis, et j'ai fait mon devoir 1010 En vous signant l'aveu qu'on peut vous faire voir. Si c'est votre dessein d'approuver l'alliance, Votre main peut aussi m'en signer l'assurance; Sinon, faites état de m'arracher le jour Plutôt que de m'ôter l'objet de mon amour. SGANARELLE Non, nous ne songeons pas à vous séparer d'elle. Il ne s'est point encor détrompé d'Isabelle: Profitons de l'erreur. ARISTE Mais est-ce Léonor.? SGANARELLE Taisez-vous. ARISTE Mais... SGANARELLE Paix donc. ARISTE Je veux savoir. SGANARELLE Encor? Vous tairez-vous? vous dis-je. VALÈRE Enfin, quoi qu'il avienne, Isabelle a ma foi; j'ai de même la sienne, Et ne suis point un choix, à tout examiner, Que vous soyez reçus à faire condamner. ARISTE Ce qu'il dit là n'est pas. SGANARELLE Taisez-vous, et pour cause. Vous saurez le secret. Oui, sans dire autre chose, Nous consentons tous deux que vous soyez l'époux De celle qu'à présent on trouvera chez vous. LE COMMISSAIRE C'est dans ces termes-là que la chose est conçue, Et le nom est en blanc, pour ne l'avoir point vue. Signez. La fille après vous mettra tous d'accord. VALÈRE J'y consens de la sorte. SGANARELLE Et moi, je le veux fort. Nous rirons bien tantôt. Là, signez donc, mon frère: L'honneur vous appartient. ARISTE Mais quoi? tout ce mystère. SGANARELLE Diantre! que de façons! Signez, pauvre butor. ARISTE Il parle d'Isabelle, et vous de Léonor. SGANARELLE N'êtes-vous pas d'accord, mon frère, si c'est elle, De les laisser tous deux à leur foi mutuelle? ARISTE Sans doute. SGANARELLE Signez donc: j'en fais de même aussi. ARISTE Soit: je n'y comprends rien. SGANARELLE Vous serez éclairci. LE COMMISSAIRE Nous allons revenir. SGANARELLE Or çà, je vais vous dire La fin de cette intrigue.
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